Un retraité de 86 ans doit régler une facture d’eau de 100 000 euros
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Squatteurs expulsés : il hérite à 86 ans d’une facture d’eau de 100 000 €

Par Arthur, le 20 juin 2025

À 86 ans, Selim, un octogénaire de Saint-Ouen, se trouve face à une facture d’eau astronomique suite à des années de squat dans son immeuble. Un drame financier et humain lié à l’occupation illégale d’un bien qu’il avait durement acquis.

Un héritage de travail et d’investissement

Selim, commerçant franco-turc à la retraite, a passé sa vie à construire un avenir pour lui et sa famille. En 1977, après des années de dur labeur dans son café, il achète les murs de son commerce, un immeuble de 180 m², qu’il espérait voir lui assurer une sécurité financière dans sa retraite. “Cet immeuble, c’est le fruit de mon travail”, confie-t-il. À l’époque, ses revenus se limitaient à une maigre pension de 400 euros par mois. Mais son investissement semblait alors la clé d’une vie tranquille.

Cependant, son rêve de stabilité a été brisé en 2018, lorsque des squatteurs ont pris possession de son bien. Ce n’était pas juste une question de murs et de toit ; il s’agissait de la maison de ses années de sacrifice. Mais ce qu’il ne savait pas à l’époque, c’est qu’un véritable calvaire allait commencer pour lui.

Un immeuble dévasté après quatre ans de squat

Quand Selim et son fils, Daniel, ont enfin récupéré leur immeuble, après quatre années d’occupation illégale, l’état des lieux était catastrophique. “C’était méconnaissable”, raconte Daniel. Des matelas éventrés, des déchets entassés, des bouteilles brisées, tout était en désordre total. Mais ce n’était pas tout : les squatteurs avaient laissé les robinets ouverts en permanence, ce qui a provoqué une inondation sévère.

Lors de l’intervention des agents de Veolia en 2022, la cave était inondée par 20 centimètres d’eau stagnante, un véritable terrain de reproduction pour les rats. L’ampleur des dégâts était telle que même les techniciens ont refusé d’y entrer. Les séquelles laissées par ces occupants sont bien plus profondes que des traces d’humidité. Elles s’étendent bien au-delà des murs du bâtiment.

Une facture d’eau écrasante et une absence de recours

À la suite de cette occupation, Veolia a envoyé à Selim une facture d’eau de près de 100 000 euros. “Une somme pareille, je n’avais encore jamais vu ça de ma carrière”, affirme son avocat, Maître Xavier Bouillot. Et pourtant, l’histoire ne s’arrête pas là : l’assureur Axa a refusé de couvrir les dégâts, arguant que les dommages causés par des squatteurs ne sont pas pris en charge.

Bien que Selim ait signalé l’occupation dès 2018 et demandé à Veolia de couper l’eau pour empêcher les squatteurs de vivre dans les lieux, la législation française interdit aux fournisseurs de couper l’eau dans une résidence principale, même en cas de non-paiement. En effet, un propriétaire qui tente de couper l’eau s’expose à des sanctions sévères, pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Un sentiment d’injustice qui fait écho à un problème plus large

“Ce n’est pas un choc, c’est un tremblement de terre”, confie Selim, accablé par une dette colossale qu’il n’a pas générée. Il déplore une situation où les protections légales semblent plus tourner en faveur des squatteurs que des propriétaires légitimes. Cette affaire met en lumière un problème majeur, celui de l’équilibre entre le droit au logement et la protection des biens privés.

L’histoire de Selim nous rappelle que le squat peut avoir des conséquences bien au-delà des simples désagréments matériels. Ce phénomène touche au cœur des vies construites avec des années de travail acharné et laisse derrière lui des cicatrices tant financières qu’émotionnelles. La question du droit de propriété et de l’impact des occupations illégales sur les propriétaires mérite d’être réexaminée, à la lumière de ces récits humains poignants.

Arthur

Passionné de mobilier design et d'architecture d'intérieur depuis de nombreuses années. Avec C86 Design, je souhaite mettre en avant les pièces ayant marqué le design moderne et les histoires de leurs créateurs.

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