
Dans leur havre secret à Monticello : la vie cachée de Dutronc et Hardy
Loin de la scène et du tumulte médiatique, Jacques Dutronc a trouvé depuis des décennies un refuge en Haute-Corse, dans une maison perchée à Monticello, petit village baigné de lumière face à la Méditerranée. Une demeure bâtie par Françoise Hardy en 1966, devenue au fil du temps un sanctuaire intime, chargé de souvenirs, de musique… et de chats.
Une maison née d’un amour hors du temps
À l’origine de cette maison en pierre typiquement corse, il y a une histoire d’amour. Celle de Françoise Hardy, qui tombe sous le charme d’un terrain surplombant la mer, offert par son ex-compagnon, le photographe Jean-Marie Périer. C’est là qu’elle fait construire, en 1966, ce qui deviendra leur maison familiale avec Jacques Dutronc. Une bastide modeste mais pleine de caractère, avec une vue à couper le souffle sur la Méditerranée.
À cette époque, Monticello est encore un village endormi, loin de la frénésie touristique. Jacques s’y sent immédiatement chez lui. « Quand je suis arrivé ici, j’ai dit : ‘Je garde la place’ », plaisantait-il encore en 2022. Et il ne plaisantait qu’à moitié.
Une vie simple au cœur de la Balagne
Aujourd’hui âgé de 80 ans, Dutronc continue de vivre dans cette maison, accompagné de Sylvie, sa compagne. Le quotidien s’y déroule lentement, au rythme des saisons et du soleil corse. Il passe ses journées à fumer ses cigares, regarder des séries sur Netflix, et contempler la mer depuis sa terrasse. Une existence à mille lieues de son ancienne vie d’artiste parisien, mais qui lui ressemble profondément.
C’est ici qu’il a trouvé une forme de sérénité, un lien fort avec la terre corse, qu’il chérit depuis des décennies.
Un amour assumé pour les chats
Si l’on connaît Dutronc pour ses chansons, les Corses, eux, le connaissent aussi pour sa passion peu banale : les chats. Beaucoup de chats. Jusqu’à 55 félins ont partagé son quotidien à Monticello. Un chiffre qui a de quoi faire sourire… ou grimacer.
Son fils, Thomas Dutronc, se souvient avec amusement – et une certaine exaspération – de cette époque : « On ne pouvait plus manger dehors, ils sautaient sur la table. La nuit, ils se bagarraient et l’odeur était horrible. » Une anecdote racontée dans la préface du livre Dutronc, une vie en chansons, qui illustre bien le joyeux chaos de la maison familiale.
Aujourd’hui, le nombre de pensionnaires a été réduit à une dizaine de chats, permettant à Jacques de profiter de leur compagnie sans être débordé.
Une maison devenue lieu de mémoire
Avec le décès de Françoise Hardy en juin 2024, cette maison prend une nouvelle dimension. Elle devient un lieu de mémoire, un point d’ancrage affectif où les souvenirs de leur histoire commune restent vivants. Cette demeure, discrète mais pleine d’âme, a vu grandir leur fils, accueilli des amis, inspiré des chansons… et traversé les années sans rien perdre de sa magie.
En restant à Monticello, Dutronc ne fait pas que fuir la ville : il cultive une forme d’attachement rare, à la fois à la nature, à ses racines sentimentales, et à un certain art de vivre — celui de prendre le temps, de savourer l’instant, et de rester fidèle à soi-même.
Entre ciel et mer, musique et silence, souvenirs et chats, Jacques Dutronc continue d’habiter un lieu à part. Un écrin de tranquillité, devenu indissociable de sa personnalité. Un refuge corse où l’essentiel a toujours eu le dernier mot.















